Newsletter #8, dernières escapades de Nairobi au Mont Kenya

Depuis que nous avons quitté l’Ouest du Kenya et le Lac Victoria, nous avons fait de nombreuses découvertes, en particulier au Nord de Nairobi et dans la capitale elle-même.

En route vers le centre du pays

A quelques 30 kilomètres de la capitale, se trouve Red Land Roses, une exploitation exemplaire qui produit des roses en se souciant du bien-être de ses employés et de l’environnement. Par exemple, les roses cultivées en hydroponie sont arrosées en circuit d’eau fermé pour recycler l’eau non consommée par les plantes. Pour en savoir plus, découvrez notre nouvel article pour devenir expert de cette technique innovante de culture de roses des plus éthiques et ingénieuses !

En poursuivant notre route après cette escale rosée, nous découvrons une succession de paysages bien plus verts que ceux que nous traversions auparavant. Alors que la plupart des plateaux kenyans sont des savanes ou des déserts tachetés de quelques acacias, la route qui mène au Mont Kenya est au contraire verdoyante. Nous sommes sur la trajectoire de Nanyuki, ville à l’Ouest du Mont Kenya, que l’on atteint après avoir traversé… l’Equateur !

Marie et Anna sur la ligne de l’Equateur, à Nanyuki au Nord de Nairobi.

C’est près du point 0 que nous découvrons les locaux de MOOF Africa, une initiative permaculturelle appartenant au réseau KOAN (Kenya Organic Agriculture Network). Nous sommes ravies de savoir qu’un tel réseau existe, nous n’en avions pas entendu parler en 2 mois. Malgré la détermination de Peter pour poursuivre ses formations et promouvoir l’association de géraniums – pour faire des huiles essentielles – et de cultures vivrières biologiques, ses champs souffrent comme ailleurs de la sécheresse – les pluies ont plus d’un mois et demi de retard. Il nous fait part de son envie de reprendre très vite ses activités et d’avoir l’aide de quelques stagiaires agronomes à qui il peut offrir l’hébergement (n’hésitez pas à nous contacter !).

Le Mont Kenya, vu depuis l’exploitation de MOOF Africa, victime de la sécheresse qui sévit au Kenya.

Nous reprenons notre route jusqu’à l’extrême Nord du Parc du Mont Kenya. Les vastes forêts laissent place à de petites parcelles agricoles, qui se convertissent elles-mêmes en fermes commerciales de plusieurs dizaines d’hectares : on y trouve les fameux haricots verts cultivés pour être exportés en Europe, puis des céréales à mesure que l’on roule vers le Nord.

 

Nous sommes ensuite accueillies dans l’incubateur du MUST (Meru University of Science and Technology). L’un des coordinateurs de ce centre entrepreneurial développe lui-même un nouveau concept : une application de reconnaissance de phytopathologies – les maladies des plantes. Avec un simple scan par appareil photo d’une feuille de tomate, l’algorithme délivre les pathologies les plus probables assorties d’un pourcentage de confiance. L’algorithme devrait également renvoyer le numéro de l’agronome le plus proche, de même que programmer une livraison de pesticides certifiés à bon prix et prescrire les doses optimales à appliquer. L’application Tunza Leaf, déjà vainqueure du concours national Leaf, sera disponible gratuitement pour les agriculteurs courant juin 2019.

 

Après quelques jours passés autour du Mont, nous regagnons Nairobi en traversant les vastes rizières qui s’étendent d’Embu à Thika. Nous sommes très surprises : dans les supermarchés kényans, il est presque impossible d’acheter autre chose que du riz d’Asie du Sud-Est. Le Kenya en serait pourtant un grand producteur.

La capitale d’une “start-up nation”

Nous avons choisi dans cette newsletter ainsi que dans la précédente de vous emmener avec nous hors de la capitale kényane. Mais comment ne pas mentionner les découvertes que nous avons fait au coeur de celle-ci ? Nairobi, ville de près de 5 millions d’habitants selon les estimations – le dernier recensement date de 2009… -, est également une effusion d’inventivité et d’ambition.
S’il nous fallait choisir une innovation à présenter, ce serait peut-être celle qui suit.

Nous nous souvenons que sur la route du Mont Kenya nous avions croisé des panneaux “Twiga Foods” indiquant le prix du jour pour un kilo de bananes, à la manière des panneaux de stations essence. Mais alors, quel rôle Twiga Foods joue t-elle dans la supply chain alimentaire ?
L’entreprise livre des produits frais, dans des camions réfrigérés, de la ferme jusqu’aux petits shops que l’on trouve dans les rues de la capitale. Pour ce faire, elle a conçu une application dans laquelle les vendeurs de rue passent quotidiennement leurs commandes. Cette application permet à Twiga Foods de prévoir ses approvisionnements, d’en informer les agriculteurs et de calculer un juste prix en fonction de l’offre et de la demande. Ceci évite aux agriculteurs d’être bernés par des intermédiaires qui profitent souvent de l’opacité du marché pour acheter à bas coût les produits agricoles.

La vidéo du mois

Nous vous présentons ce mois une initiative gourmande et 100% zero-waste : ICOBO, coopérative créée en 2004 par Paul Kiambi, propose de donner une nouvelle jeunesse à des produits agricoles invendus (à la manière des confitures de Carol en Côte d’Ivoire). Pour ce faire, les légumes, tubercules et céréales sont achetés aux agriculteurs à bon prix, et transformés artisanalement dans l’atelier de Paul, co-financé par l’USAID. Découvrez la recette de Paul pour combiner lutte contre la pauvreté, la malnutrition et le gaspillage alimentaire !

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